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Il est parfois incroyablement agréable que de pouvoir fermer ma porte et passer sa journées à l’abri de tous les regards

Il est parfois incroyablement agréable que de pouvoir fermer ma porte et passer sa journées à l’abri de tous les regards Il est parfois incroyablement agréable que de pouvoir fermer ma porte et passer sa journées à l’abri de tous les regards
Source : Raymond Leech (1949 -), Sunday Girl
La force de l’âge
Du livre
La force de l’âge
Taille de la police
A
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A
#Lecture
#Solitude

Simone de Beauvoir vient d’avoir vingt ans : en s’installant à Paris, dans une pension tenue par sa grand-mère, elle obtient enfin la liberté dont elle avait tant rêvé pendant ses années d’études... Elle raconte cette installation au deuxième tome de son œuvre autobiographique.

Le matin, dès que j’ouvrais les yeux, je m’ébrouais, je jubilais. Aux environs de mes douze ans, j’avais souffert de ne pas posséder à la maison un coin à moi. Lisant dans Mon journal1 l’histoire d’une collégienne anglaise, j’avais contemplé avec nostalgie le chromo2 qui représentait sa chambre : un pupitre, un divan, des rayons couverts de livres ; entre ces murs aux couleurs vives, elle travaillait, lisait, buvait du thé, sans témoin : comme je l’enviai ! […] Voilà qu’enfin moi aussi j’étais chez moi ! […] J’avais une table, deux chaises, un grand coffre qui servait de siège et de fourre-tout, des rayons pour mettre mes livres […] Je me chauffais avec un poêle à pétrole rouge et qui sentait très mauvais : il me semblait que cette odeur défendait ma solitude et je l’aimais. Quelle joie de pouvoir fermer ma porte et passer mes journées à l’abri de tous les regards ! Je suis très longtemps restée indifférente au décor dans lequel je vivais ; à cause, peut-être, de l’image de Mon journal je préférais les chambres qui m’offraient un divan, des rayonnages ; mais je m’accommodais de n’importe quel réduit : il me suffisait encore de pouvoir fermer ma porte pour me sentir comblée.

[…] Je pouvais rentrer à l’aube ou lire au lit toute la nuit, dormir en plein midi, rester claquemurée vingt-quatre heures de suite, descendre brusquement dans la rue. Je déjeunais d’un bortsch chez Dominique3, je dînais à la Coupole d’une tasse de chocolat. J’aimais le chocolat, le bortsch, les longues siestes et les nuits sans sommeil, mais j’aimais surtout mon caprice. Presque rien ne le contrariait. Je constatai joyeusement que le « sérieux de l’existence », dont les adultes m’avaient rebattu les oreilles, en vérité ne pesait pas lourd.

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Cela me met dans l'esprit de "A Room of One's Own" de Virginia Woolf.

De faruzanbtt82 | 15/05/2020

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