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La vie est le mouvement

La vie est le mouvement La vie est le mouvement
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Aphorismes sur la sagesse dans la vie
Du livre
Aphorismes sur la sagesse dans la vie
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Nous devrions, par conséquent, nous attacher avant tout à conserver cet état parfait de santé dont la gaieté apparaît comme la floraison. Pour cela, on sait qu’il faut fuir tous excès et toutes débauches, éviter toute émotion violente et pénible, ainsi que toute contention d’esprit excessive ou trop prolongée ; il faut encore prendre, chaque jour, deux heures au moins d’exercice rapide au grand air, des bains fréquents d’eau froide, et d’autres mesures diététiques de même genre. Point de santé si l’on ne se donne tous les jours suffisamment de mouvement ; toutes les fonctions de la vie, pour s’effectuer convenablement, demandent le mouvement des organes dans lesquels elles s’accomplissent et de l’ensemble du corps. Aristote a dit avec raison : « Ο βιος εν τη κινησει εστι » (La vie est dans le mouvement). La vie consiste essentiellement dans le mouvement. À l’intérieur de tout l’organisme règne un mouvement incessant et rapide : le cœur, dans son double mouvement si compliqué de systole et de diastole, bat impétueusement et infatigablement ; 28 pulsations lui suffisent pour envoyer la masse entière du sang dans le torrent de la grande et de la petite circulation ; le poumon pompe sans discontinuer comme une machine à vapeur ; les entrailles se contractent sans cesse d’un mouvement péristaltique ; toutes les glandes absorbent et sécrètent sans interruption ; le cerveau lui-même a un double mouvement pour chaque battement du cœur et pour chaque aspiration du poumon. Si, comme il arrive dans le genre de vie entièrement sédentaire de tant d’individus, le mouvement extérieur manque presque totalement, il en résulte une disproportion criante et pernicieuse entre le repos externe et le tumulte interne. Car ce perpétuel mouvement à l’intérieur demande même à être aidé quelque peu par celui de l’extérieur ; cet état disproportionné est analogue à celui où nous sommes tenus de ne rien laisser paraître au dehors pendant qu’une émotion quelconque nous, fait bouillonner intérieurement. Les arbres même, pour prospérer, ont besoin d’être agités par le vent. C’est là une règle absolue que l’on peut énoncer de la manière la plus concise en latin : Omnis motus, quo celerior, eo magis motus (Plus il est accéléré, plus tout mouvement est mouvement).

Pour bien nous rendre compte combien notre bonheur dépend d’une disposition gaie et celle-ci de l’état de santé, nous n’avons qu’à comparer l’impression que produisent sur nous les mêmes circonstances extérieures ou les mêmes événements pendant les jours de santé et de vigueur, avec celle qui est produite lorsqu’un état de maladie nous dispose à être maussade et inquiet. Ce n’est pas ce que sont objectivement et en réalité les choses, c’est ce qu’elles sont pour nous, dans notre perception, qui nous rend heureux ou malheureux. C’est ce qu’énonce bien cette sentence d’Épictète : « Ταρατσει τους ανθωπους ου τα πραγματα, αλλα τα περι των πραγματων δογματα. (Ce qui émeut les hommes, ce ne sont pas les choses, mais l’opinion sur les choses). » En thèse générale, les neuf dixièmes de notre bonheur reposent exclusivement sur la santé. Avec elle, tout devient source de plaisir ; sans elle, au contraire, nous ne saurions goûter un bien extérieur, de quelque nature qu’il soit ; même les autres biens subjectifs, tels que les qualités de l’intelligence, du cœur, du caractère, sont amoindris et gâtés par l’état de maladie. Aussi n’est-ce pas sans raison que nous nous informons mutuellement de l’état de notre santé et que nous nous souhaitons réciproquement de nous bien porter, car c’est bien là en réalité ce qu’il y a de plus essentiellement important pour le bonheur humain. Il s’ensuit donc qu’il est de la plus insigne folie de sacrifier sa santé à quoi que ce soit, richesse, carrière, études, gloire, et surtout à la volupté et aux jouissances fugitives.

Au contraire, tout doit céder le pas à la santé.

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Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque.

Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.

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- 1968 -

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