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[L'arrogance] Une sorte d'orgueil extrême ou insensé

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L'arrogance
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L'arrogance
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#Arrogance

L’« arrogance » se concentre spécifiquement sur

(i) une attitude de supériorité exagérée et imméritée,
(ii) un manque d'auto-questionnement, et
(iii) une tendance à regarder les autres de haut.

L'arrogance consiste à faire de fausses déclarations sur ses connaissances et ses compétences et, ce faisant, à perdre tout contact véritable avec soi-même et avec les autres. En substance, l'arrogance est un masque qui donne une fausse image du sujet à la fois de lui-même et de ses objets. Elle est vantarde. Elle a une texture dure qui répudie son côté « doux » et plus humain. Elle souhaite poignarder le spectateur avec un couteau tranchant d'hostilité. 

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Un enseignant chercheur en histoire avait fait une réflexion incitant les camarades de ma promo et moi à nous intéresser aux plantes suite à notre incapacité à faire la différence entre des feuilles de lierre et des feuilles de lauriers. Étant donné que je m’intéressais déjà aux plantes sauvages et que je fais chaque mois de la lessive à base de feuilles de lierre, j'ai trouvé que l'enseignant avait manqué de tact. Il semblait connaître la différence qu'on ne voyait pas (seules des feuilles de lauriers, sur une image de petite taille étaient projetées) sans nous avoir montré qu'il s'y connaissait vraiment : était-ce du laurier rose ? Du laurier-tin? Du laurier du Portugal ?

Ayant discuté avec beaucoup de personnes de ma promo, j'étais surpris des parcours très variés qu'ils avaient et je me doutais que beaucoup de personnes ne s'intéressaient pas aux plantes. C'est pourquoi la phrase « faudrait peut-être s'y intéresser ! » prononcée par l'enseignant sur un ton traduisant (avec le recul que j'ai maintenant) une légère impatience et de l'exaspération m'avait fait cogiter.

Surtout, cet événement qui ne semble pas n'en être un aux premiers abords avait eu lieu alors que j'étais dans ce que les gens appellent une « crise existentielle ». Et au fil du temps ce cogitement est devenu irritation. Étant alors traversé par une envie de changer le monde, j'ai fini, après plusieurs semaines de réflexion, par envoyer un mail à cet enseignant où je disais lui partager mes réflexions au sujet d'une question qu'il m'avait posé lors d'un oral : quel métier voudrais-je faire plus tard ?

Dans le mail je m'efforçais d'expliquer que : « il n'y a pas besoin d'être historien pour savoir qu’on n’a pas besoin d'un travail pour vivre » en m'appuyant sur l'exemple d'une jeune française qui dépensait moins de 100€/mois et parvenait à vivre décemment, sans abondance, en travaillant en tant que saisonnière 3 à 12 semaines/an. Et j'avais rajouté qu'elle avait fait cela car elle avait "décidé de vivre chaque moment de sa vie plutôt que de les consommer".

Suite à ce mail, j'ai passé plusieurs semaines à me croire invincible, supérieur, un super-héros capable de changer le monde et j'effectuais de nombreuses petites actions (comme ramasser tous les mégots d'un arrêt de tram en attendant l'arrivée de ce dernier où parler à pleins d'inconnus dans la rue) qui, combinait à un manque de sommeil, n'ont fait que me fatiguer et accroître mon énergie dépensée dans ces petites actions et ma volonté à changer le monde.

Jamais je ne me suis posé la question de si c'était vraiment utile, nécessaire ou bon. Mais comme je pensais que ça permettait de lutter contre cette société d'abondance qui artificialise la nature et les contacts entre les êtres humains, alors je le faisais. Cette « lutte », cet objectif que je m'étais fixé était presque devenu l'unique chose que j'avais en tête. Et cet objectif m'avais permis de trouver les réponses à toutes les questions possibles (d'un point de vue philosophique et existentiel). Étant en possession de réponses auxquelles j'accordais une attention particulière, cela ne faisait que renforcer ma volonté de changer le monde. Je pense m'être fixé cet objectif car je souhaitais éviter une « lutte personnelle » : faire le deuil d'un proche.

Cette volonté de changer les choses m'a entraîné à regarder de haut les personnes qui dépensaient beaucoup d'argent dans des biens et services énergivores (d'un point de vue physique, fiscal et temporel) ou peu utile.

Je ne pense pas avoir fait de fausses déclarations sur mes connaissances ou mes compétences durant cette période mais je pense tout de même avoir perdu tout contact véritable avec moi-même et avec beaucoup de personnes durant quelques instants.

Je ne sais pas si tout ce que je ressentais était vraiment de l'arrogance ou non. En tout cas ce que je décris n'est pas un masque mais plutôt des ressentis que je masquais. Des ressentis parfois dures qui répudiaient mon côté « doux » et humain. L'hostilité que je contenais avait tranché pour la dureté dans sa lutte contre la douceur et l'apaisement.

De Pic | 23/09/2020 |

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