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[L'enfer, c'est les autres] Nous nous jugeons nous-mêmes avec les moyens que les autres ont et nous ont donnés pour nous juger

[L'enfer, c'est les autres] Nous nous jugeons nous-mêmes avec les moyens que les autres ont et nous ont donnés pour nous juger [L'enfer, c'est les autres] Nous nous jugeons nous-mêmes avec les moyens que les autres ont et nous ont donnés pour nous juger
Source: Vilhelm Hammershoi, The Courtyard, ~ 1905
Huis Clos
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Huis Clos
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L'enfer, c'est les autres

Jean-Paul Sartre donna des éclaircissements sur sa phrase très mal comprise dans un discours qui a précédé un enregistrement de la pièce (Huis Clos) publié en 1965 :

« L’enfer, c’est les autres » a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c’étaient toujours des rapports infernaux. Or, c’est autre chose que je veux dire.

Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. Quand nous pensons sur nous, quand nous essayons de nous connaître, au fond nous usons de ces connaissances que les autres ont déjà sur nous. Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donnés de nous juger.

Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui. Et alors en effet je suis en enfer.

Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres. Ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous.

La deuxième chose que je voudrais dire c’est que ces gens ne sont pas semblables à nous : les trois personnes que vous entendrez dans Huis Clos ne nous ressemblent pas, en ceci que nous sommes tous vivants et qu’ils sont morts. Bien entendu, ici « morts » symbolise quelque chose : ce que j’ai voulu indiquer c’est précisément que beaucoup de gens sont encroûtés dans une série d’habitudes, de coutumes, qu’ils ont sur eux des jugements dont ils souffrent, mais qu’ils ne cherchent même pas à changer et que ces gens‑là sont comme morts en ce sens qu’ils ne peuvent pas briser le cadre de leurs soucis, de leurs préoccupations et de leurs coutumes et qu’ils restent ainsi victimes souvent des jugements qu’on a, porté sur eux.

A partir de là, il est bien évident qu’ils sont lâches ou méchants par exemple, s’ils ont commencé à être lâches rien ne vient changer le fait qu’ils étaient lâches, c’est pour ça qu’ils sont morts. C’est une manière de dire que c’est une mort vivante que d’être entouré par le souci perpétuel de jugements et d’actions que l’on ne veut pas changer de sorte que, en vérité, comme nous sommes vivants, j’ai voulu montrer par l’absurde, l’importance chez nous de la liberté.

Les commentaires sont de courts ajouts utilisés pour fournir une observation ou un retour. Ils sont intentionnellement limités en taille et en format.


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« J’avance seule, mais me tiens devant vous comme dix mille. ».

Donc quand j’entre dans une pièce, et en particulier avant que je ne commence quelque chose de vraiment difficile, une situation où je sens que je vais être face à certaines difficultés ; je m'assoie et pense à la force des dix mille. »

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