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L’être humain trouve son salut à travers et dans l’amour

L’être humain trouve son salut à travers et dans l’amour L’être humain trouve son salut à travers et dans l’amour
Man's Search for Meaning
Du livre
Man's Search for Meaning
Taille de la police
A
12 24 17
A

[De la préface à Man's Search for Meaning par Gordon W. Allport]

«... dans une vie, il y a de l'amour pour ses enfants, dans une autre vie, un talent à utiliser, dans un troisième, peut-être seulement des souvenirs qui méritent d'être préservés ... Prisonnier de longue date dans des camps de concentration bestiaux il [Viktor Frankl] se retrouva mis à nu, dépossédé de tout ce qu’il avait de plus cher : son père, sa mère, son frère et sa femme moururent dans des camps ou furent envoyés dans des fours à gaz, si bien qu'à l'exception de sa sœur, toute sa famille périt dans ces camps.Comment a-t-il pu, après avoir tout perdu, que plus rien n’ai d’importance, souffrant de la faim, du froid et de la brutalité, en attendant son heure finale- comment a-t-il pu trouver penser que ça vie méritait d’être préservée ? ».

Frankl a écrit ce qui suit en étant envoyé aux travaux forcés dans un camp de concentration nazi.

~

Nous tombâmes terre dans l’obscurité, sur de grosses pierres et dans grandes flaques, le long de la route qui traverse le camp. Les gardes qui nous accompagnaient ne cessaient de nous crier dessus et de nous pousser avec les crosses de leurs fusils. Toute personne que ne parvenait plus à tenir debout se soutenait grâce au bras de son voisin. Personne n’osait parler ; le vent glacial nous en défendait. En cachant sa main derrière son col redressé, l'homme marchant à côté de moi murmura soudainement : « Si nos femmes pouvaient nous voir maintenant ! j'espère qu'elles vont mieux dans leurs camps et ne savent pas ce qui nous arrive. ».

Cela m'a rappelé les pensées de ma propre femme. Et pendant que nous marchions sur des kilomètres, glissant sur des plaques de glace, nous soutenant les uns les autres, nous traînant les uns les autres, rien n'était dit, mais nous savions tous les deux : chacun de nous pensait à sa femme. De temps en temps je regardais le ciel, où les étoiles disparaissaient et la lumière rose du matin commençait à se répandre derrière une sombre rangée de nuages. Mais mon esprit s'accrochait à l'image de ma femme, l'imaginant avec une acuité étrange. Je l'ai entendue me répondre, je l'ai vue sourire, son regard franc et encourageant. Réel ou non, son regard était alors plus lumineux que le soleil qui commençait à s'élever.

Une pensée me transperça: pour la première fois de ma vie j’avais enfin découvert la vérité, la vérité telle qu’elle est proclamée dans les chants des poètes et dans les sages paroles des philosophes : l’amour est le plus grand bien auquel l’être humain peut aspirer. Je comprenais enfin le sens de ce grand secret de la poésie et de la pensée humaine : l’être humain trouve son salut à travers et dans l’amour. Je me rendais compte qu’un homme à qui il ne reste rien peut trouver le bonheur, même pour de brefs instants, dans la contemplation de sa bien-aimée. Lorsqu’un homme est extrêmement affligé, lorsqu’il ne peut plus agir de manière positive, lorsque son seul mérite consiste à endurer ses souffrances avec dignité, il peut éprouver des sentiments de plénitude en contemplant l’image de sa bien-aimée. Pour la première fois de ma vie, je comprenais le sens de cette parole : « Les anges sont perdus dans l’éternelle contemplation d’une gloire infinie. »

Devant moi, un homme trébucha et ceux qui le suivaient tombèrent sur lui. Le gardien se précipita sur eux et les fouetta tous. Ainsi mes pensées furent interrompues pendant quelques minutes. Mais bientôt mon âme quitta de nouveau le chemin de l'existence des prisonniers pour cet autre monde, et je repris la conversation avec ma bien et tendre : je lui posais des questions, et elle répondait, elle m'interrogeait en retour, et je répondais ...

Mon esprit restait accroché à l'image de ma femme. Une pensée me traversa l’esprit : je ne savais même pas si elle était encore en vie, et je n'avais aucun moyen de le découvrir (pendant toute ma vie carcérale, l’échange de lettre n’était pas permis) ;  mais à ce moment-là, cela n’avait plus d’importance. Je n’avais plus besoin de savoir. Rien ne pouvait briser la force de mon amour et les pensées vers ma bien-aimée. Si j'avais su alors que ma femme était morte, je pense que je me serais encore abandonné, insensible à cette sinistre nouvelle, à la contemplation de cette image ; et que ma conversation mentale avec elle aurait été aussi vive et réjouissante. « Mets-moi comme un sceau* sur ton cœur, car l'amour est fort comme la mort »

 


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