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[Suicide écologique - écocide] Les sociétés du passé se sont érodées en mettant à mal leur environnement

[Suicide écologique - écocide] Les sociétés du passé se sont érodées en mettant à mal leur environnement [Suicide écologique - écocide] Les sociétés du passé se sont érodées en mettant à mal leur environnement
Source: Tom Sterckx via Artstation
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Nombre de nos problèmes sont largement similaires à ceux qui ont frappé (...) le Groenland nordique, et que de nombreuses autres sociétés du passé ont également eu du mal à résoudre. Certaines de ces sociétés ont échoué (comme la société nordique du Groenland), et d'autres ont réussi (comme les Japonais et les Tikopiens). Le passé nous offre une riche base de données dont nous pouvons tirer des enseignements, afin de continuer à prospérer.

Le Groenland nordique n'est qu'une des nombreuses sociétés du passé qui se sont effondrées ou ont disparu, laissant derrière elles des ruines monumentales comme celles que Shelley a imaginées dans son poème « Ozymandias ». Par effondrement, j'entends une diminution drastique de la taille de la population humaine et/ou de la complexité politique/économique/sociale, sur une zone considérable, pendant une période prolongée. Le phénomène des effondrements est donc une forme extrême de plusieurs types de déclin plus légers, et il devient arbitraire de décider de la gravité du déclin d'une société avant qu'elle ne puisse être qualifiée d'effondrement. Parmi ces types de déclin plus modérés, on peut citer les hausses et les baisses de fortune normales et les restructurations politiques/économiques/sociales mineures de toute société individuelle ; la conquête d'une société par un voisin proche, ou son déclin lié à la prospérité du voisin, sans changement dans la taille de la population totale ou la complexité de toute la région ; et le remplacement ou le renversement d'une élite dirigeante par une autre. Selon ces critères, la plupart des gens considéreraient les sociétés passées suivantes comme ayant été des victimes célèbres d'effondrements complets plutôt que de déclins mineurs : les Anasazi et les Cahokia dans les limites des États-Unis modernes, les villes mayas en Amérique centrale, les sociétés Moche et Tiwanaku en Amérique du Sud, la Grèce mycénienne et la Crète minoenne en Europe, le Grand Zimbabwe en Afrique, Angkor Vat et les villes de la vallée de l'Indus de Harappan en Asie, et l'île de Pâques dans l'océan Pacifique.

Les ruines monumentales laissées par ces sociétés passées exercent une fascination romantique sur nous tous. Nous nous en émerveillons lorsque, enfants, nous les découvrons pour la première fois à travers des images. Quand nous grandissons, beaucoup d'entre nous planifient des vacances afin de les découvrir en tant que touristes. Nous nous sentons attirés par leur beauté souvent spectaculaire et obsédante, mais aussi par les mystères qu'elles posent. L'échelle des ruines témoigne de la richesse et de la puissance passées de leurs bâtisseurs - ils se vantaient « Regardez mes œuvres, puissants et désespérés », selon les mots de Shelley. Pourtant, les bâtisseurs ont disparu, abandonnant les grandes structures qu'ils avaient créées au prix de tant d'efforts. Comment une société autrefois si puissante pouvait-elle s'effondrer ? Quel a été le sort de ses citoyens ? Ont-ils déménagé et (si oui) pourquoi, ou sont-ils morts d'une manière désagréable ? Derrière ce mystère romantique se cache la pensée lancinante suivante : un tel destin pourrait-il s'abattre sur notre propre société riche ? Les touristes regarderont-ils un jour avec perplexité les carcasses rouillées des gratte-ciel de New York, tout comme nous regardons aujourd'hui les ruines des villes mayas, recouvertes de jungle ?

Ces effondrements passés ont eu tendance à suivre des parcours assez similaires constituant des variations sur un thème. La croissance démographique a forcé les gens à adopter des moyens de production agricole intensifiés (tels que l'irrigation, la double culture ou le terrassement), et à étendre l'agriculture des terres de premier choix choisies en premier lieu à des terres plus marginales, afin de nourrir le nombre croissant de bouches affamées. Les pratiques non durables ont entraîné des dommages environnementaux d'un ou de plusieurs des huit types de pratiques que nous venons d'énumérer, ce qui a obligé à abandonner à nouveau des terres agricoles marginales. Parmi les conséquences pour la société, on peut citer les pénuries alimentaires, la famine, les guerres entre trop de gens qui se battent pour trop peu de ressources et le renversement des élites dirigeantes par des masses désabusées. Finalement, la population a diminué par la famine, la guerre ou la maladie, et la société a perdu une partie de la complexité politique, économique et culturelle qu'elle avait développée à son apogée (...)

Le risque de tels effondrements est aujourd'hui de plus en plus préoccupant ; en effet, des effondrements se sont déjà produits en Somalie, au Rwanda et dans d'autres pays du tiers monde. Beaucoup de gens craignent que l'écocide en soit venu à occulter la guerre nucléaire et les maladies émergentes comme une menace pour la civilisation mondiale. Les problèmes environnementaux auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui sont les mêmes que ceux qui ont miné les sociétés du passé, plus quatre nouveaux : le changement climatique causé par l'homme, l'accumulation de produits chimiques toxiques dans l'environnement, les pénuries d'énergie et l'utilisation par l'homme de la capacité de photosynthèse de la Terre. La plupart de ces douze menaces, dit-on, deviendront critiques au niveau mondial dans les prochaines décennies : soit nous résolvons les problèmes d'ici là, soit les problèmes saperont non seulement la Somalie mais aussi les sociétés du premier monde. Il est beaucoup plus probable qu'un scénario apocalyptique impliquant l'extinction de l'humanité ou l'effondrement apocalyptique de la civilisation industrielle ne soit « juste » qu'un avenir où le niveau de vie sera nettement plus bas, les risques chroniquement plus élevés et où certaines de nos valeurs clés seront ébranlées. Un tel effondrement pourrait prendre diverses formes, telles que la propagation mondiale de maladies ou encore des guerres, déclenchées à terme par la rareté des ressources environnementales. Si ce raisonnement est correct, alors nos efforts actuels détermineront l'état du monde dans lequel la génération actuelle d'enfants et de jeunes adultes vit ses années intermédiaires et finales. Mais la gravité de ces problèmes environnementaux actuels est vigoureusement débattue. Les risques sont-ils largement exagérés ou, au contraire, sous-estimés ? Est-il logique que la population humaine actuelle de près de sept milliards d'habitants, avec notre puissante technologie moderne, provoque l'effritement de notre environnement à l'échelle mondiale à un rythme beaucoup plus rapide que celui qu'ont déjà connu quelques millions de personnes avec des outils en pierre et en bois au niveau local ? La technologie moderne résoudra-t-elle nos problèmes, ou crée-t-elle de nouveaux problèmes plus rapidement qu'elle ne résout les anciens ? Lorsque nous épuisons une ressource (par exemple, le bois, le pétrole ou le poisson de mer), pouvons-nous compter sur la possibilité de la remplacer par une autre (par exemple, le plastique, l'énergie éolienne et solaire ou le poisson d'élevage) ?

Le taux de croissance de la population humaine ne diminue-t-il pas, de sorte que nous sommes déjà sur la bonne voie pour que la population mondiale se stabilise à un nombre gérable ?
Toutes ces questions illustrent pourquoi ces fameux effondrements des civilisations passées ont pris plus de sens que le simple mystère romantique. Peut-être y a-t-il des leçons pratiques que nous pourrions tirer de tous ces effondrements passés. Nous savons que certaines sociétés du passé se sont effondrées alors que d'autres ne l'ont pas fait : qu'est-ce qui a rendu certaines sociétés particulièrement vulnérables ? Quels ont été exactement les processus par lesquels les sociétés du passé ont commis un écocide ? Pourquoi certaines sociétés du passé n'ont-elles pas vu dans quel pétrin elles se trouvaient, et cela (on pourrait le penser rétrospectivement) devait être évident ? Quelles ont été les solutions qui ont réussi dans le passé ? Si nous pouvions répondre à ces questions, nous serions peut-être en mesure d'identifier les sociétés qui sont aujourd'hui les plus menacées et les mesures qui pourraient les aider de manière optimale, sans attendre d'autres effondrements comme celui de la Somalie.

 

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Mais nous pouvons facilement étendre cette hypothèse [ndlr. que la nature a des effets bénéfiques pour le bien-être physique, cognitif et émotionnel des individu] à la conservation de la biodiversité. [Les écologues] parlent d’extinction de l’expérience de nature, qu’ils ont surtout appliquée en milieu urbain. L’idée est la suivante : de génération en génération, les jeunes vivent de moins en moins en contact avec la nature (parce qu’il y en a moins et parce que leurs modes de vie limitent ces contacts), au moment même où ils construisent leur identité. La part de leur identité qui intègre leurs relations intimes à leur environnement naturel diminuerait donc de génération en génération. Pas à cause d’un manque d’éducation, mais à cause surtout d’une baisse d’occasions et d’envies d’expérimenter la nature sans contrainte, librement et de façon personnelle.

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Source :  Se mobiliser contre l’extinction d’expérience de nature, juillet 2015, Espaces naturels

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