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Une jolie habitation rend l'hiver plus poétique, et l'hiver augmente la poésie de l'habitation

Une jolie habitation rend l'hiver plus poétique, et l'hiver augmente la poésie de l'habitation Une jolie habitation rend l'hiver plus poétique, et l'hiver augmente la poésie de l'habitation
Source : Joanna Draws
La poétique de l'espace
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#hiver
#maison

Bien qu'il soit, dans le fond de son être, un citadin, Baudelaire sent l'accroissement de valeur d'intimité quand une maison est attaquée par l'hiver. Dans Les paradis artificiels, il dit le bonheur de Thomas de Quincey, enfermé dans l'hiver, tandis qu'il lit, Kant, aidé par l'idéalisme de l'opium. La scène se passe dans un « cottage. » Et nous avons bien chaud, parce qu'il fait froid dehors. Dans la suite de ce « paradis artificiel » plongé dans l'hiver, Baudelaire dit que le rêveur demande un hiver rude. « Il demande annuellement au ciel autant de neige, de grêle et de gelée qu'il en peut contenir. Il lui faut un hiver canadien, un hiver russe. Son nid en sera plus chaud, plus doux, du Pays de Galles. « Une jolie habitation ne rend-elle pas l'hiver plus poétique, et l'hiver n'augmente-t-il pas la poésie de l'habitation ? Le blanc cottage était assis au fond d'une petite vallée fermée de montagnes suffisamment hautes ; il était, comme emmailloté d'arbustes. » (...). Nous nous sentons placés au centre de protection de la maison du vallon, « emmaillotés », nous aussi, dans les tissus de l'hiver. Et nous avons bien chaud, parce qu'il fait froid dehors.

Baudelaire nous a livré un tableau centré ; il nous a menés au centre d'une rêverie que nous pouvons alors prendre pour nous-mêmes.(...) nos souvenirs les plus personnels peuvent ici venir habiter. (...) Comme Edgar Poe, grand rêveur de rideaux, Baudelaire, pour calfeutrer le logis entouré par l'hiver, demande encore « de lourds rideaux ondoyant jusqu'au plancher ». Derrière les rideaux sombres, il semble que la neige soit plus blanche. Tout s'active quand s'accumulent les contradictions. Dans Curiosités esthétiques, Baudelaire parle aussi d'une toile de Lavieille qui représente « une chaumière sur une lisière de bois » en hiver, « la saison triste ». Et cependant : « Quelques-uns des effets que Lavieille a souvent rendus me semblent, dit Baudelaire, des extraits du bonheur d'hiver. » L'hiver évoqué est un renforcement du bonheur d'habiter. Dans le règne de la seule imagination, l'hiver évoqué augmente la valeur d'habitation de la maison. Si l'on nous demandait de faire une expertise d'onirisme du cottage de Thomas de Quincey revécu par Baudelaire, nous  dirions qu'il y traîne la fade odeur d'opium, une atmosphère d'assoupissement. Rien ne nous dit la vaillance des murs, le courage du toit. La maison ne lutte pas. On dirait que Baudelaire ne sait s'enfermer que dans des rideaux. Ce manque de lutte est souvent le cas des maisons dans l'hiver qu'on trouve en littérature. De toute façon, au delà de la maison habitée, le cosmos d'hiver est un cosmos simplifié. Il est une non-maison dans le style où le métaphysicien parle d'un non-moi. De la maison à la non-maison s'ordonnent facilement toutes les contradictions. Dans la maison, tout se différencie, se multiplie. De l'hiver, la maison reçoit des réserves d'intimité, des finesses d'intimité. Dans le monde hors de la maison, la neige efface les pas, brouille les chemins, étouffe les bruits, masque les couleurs. On sent en action une négation cosmique par l'universelle blancheur. Le rêveur de maison sait tout cela, sent tout cela, et par la diminution d'être du monde extérieur il connaît une augmentation d'intensité de toutes les valeurs d'intimité.

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